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La route forme la jeunesse

Grégoire et Adrien sont deux collégiens de 17 ans. Ils n’ont pas vu Une histoire vraie de David Lynch, mais pour offrir une seconde vie à un véhicule de jardin désœuvré, ils n’ont pas hésité à traverser la Suisse à la vitesse moyenne de 30 km/h. Une preuve de plus, s’il en fallait, que l’appel de la route n’attend point le nombre des années. Rencontre. 

Roaditude – Grégoire Rivier et Adrien Von der Weid, vous avez 17 ans, vous venez de réaliser un tour de Suisse en véhicule de jardin… C’est un peu fou comme projet, « est-ce que ça va le chalet ? »
Grégoire Rivier et Adrien Von der Weid – Alors oui, merci, ça va très bien… (rires).

Plus sérieusement, pouvez-vous nous expliquer comment vous est venu ce projet de road trip ?
L’idée est venue du grand-père de Grégoire qui évoquait au début, sur le ton de la rigolade, la possibilité que Grégoire puisse un jour s’il le souhaite réaliser un tour de Suisse accompagné par un ami à bord du petit véhicule agricole lui appartenant. C’était il y a quelques années…

L’hiver passé, au mois de janvier, l’idée de ce roadtrip nous est revenue à l’esprit, alors que nous parlions du bon vieux temps. Nous avons alors tout de suite commencé à parler de notre idée à nos parents qui se sont tout de suite montrés très enthousiastes. Il n’y avait plus qu’à organiser les choses et prendre la route…

Votre voyage a duré 5 jours, entre Saint-Gall, tout à l’est du pays, et Genolier, à l’ouest. Quelles en ont été les principales étapes ?
Nous sommes donc partis le lundi en début d’après-midi après un bon repas. Nous avons roulé toute l’après-midi jusqu’à Einsiedeln, où nous avons passé notre première nuit sous tente à quelques mètres du bord du lac. Nous avons dormi dans le champ d’un paysan conciliant nous ayant autorisé l’accès pour la nuit.

Le lendemain, après avoir passé une nuit excellente, nous sommes partis de bonne heure et avons roulé jusqu’à Goldau où l’idée de visiter le zoo nous a traversé l’esprit, après deux bonnes heures de visite amusantes nous avons grignoté une pizza dans la pizzeria du coin. Nous avons ensuite repris la route sans s’arrêter (ou presque) jusqu’à Escholzmatt. Le voyage a malencontreusement été perturbé par une panne sèche, mais rien de bien grave car nous avions un jerrican de secours sur le pont arrière. Arrivés à Escholzmatt nous avons à nouveau planté la tente dans le champ d’un fermier, et notre nuit aura été perturbée par la venue d’un petit compagnon pendant – un chat, que nous avons accueilli sur le toit de la tente.

L’étape du lendemain nous a amenés jusqu’à Fribourg après une grillade lors du repas de midi. A Fribourg, c’est les grands-parents d’Adrien qui nous ont très gentiment offert un bon repas et un bon lit après ces quelques 55 heures sans électricité ni eau courante. Après une nuit reposante (enfin !), nous sommes partis pour notre avant-dernière journée de route direction Château d’Oex où nous avons pu savourer une assiette de röstis à la fromagerie. Après avoir mangé, nous avons repris la route en passant par le col des Mosses jusqu’en plaine où c’est, cette fois-ci, les grands-parents de Grégoire qui nous ont accueillis, nous ont offerts le restaurant et un bon lit.

Durant la dernière journée de notre périple, nous avons mangé dans un McDrive… Ce ne fut probablement pas l’expérience la plus enrichissante du voyage, mais certainement l’une des plus drôles… Il ne nous restait alors que quelques heures de route avant de passer dire bonjour à tous nos amis de la région, afin de fêter notre exploit.

Avez-vous rencontré des difficultés en cours de route ?
Non, à part l’épisode de la panne sèche qui aura finalement été surmontée assez facilement. Tout s’est très bien passé, c’était génial.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote particulièrement marquante ?
Nous ne pensons pas avoir un événement qui nous aurait marqué plus que les autres, le voyage en lui-même aura été une expérience incroyable, il restera à jamais gravé dans notre mémoire.

On imagine que vous avez du bien rigolé sur la route. Mais est-ce que cette aventure vous a appris quelque chose ?
Nous avons mieux découvert et appris à connaître notre beau pays qu’est la Suisse en passant par des régions peu connues, des petits coins de paradis comme une rivière à l’eau cristalline dans laquelle nous avons passé l’après-midi à sauter depuis un pont, ou encore les forêts, les montagnes et les très nombreux lacs qui peuplent notre pays. Mais la chose que nous retiendrons le plus, c’est que nous avons vécu cette expérience à fond et qu’elle nous aura liés d’amitié à jamais.

Avez-vous d’autres projets du même type, ou c’est fini, le délire ?
C’est sûr, le délire n’est pas fini…

(Interview : Laurent Pittet, Nyon, Suisse / Crédits photo : Grégoire Rivier et Adrien Von der Weid)

 

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