skip to Main Content
Amaia Et Marvin, L’apprentissage De La Route

Amaia et Marvin, l’apprentissage de la route

Nous avions rencontré Amaia et Marvin (alias Bonnie and Klyde) ce printemps alors qu’ils s’apprêtaient à prendre la route, sans but autre qu’une orientation vague, avec surtout une forte envie de larguer les amarres et de vivre autre chose (lire l’interview). Où en sont-ils après quatre mois au volant de leur moto ? La route a-t-elle tenu ses promesses ? Quels sont leurs apprentissages ? Leurs projets ? Il était temps de prendre de leurs nouvelles.

Roaditude – Amaia et Marvin, où vous trouvez-vous, et comment allez-vous ?
Amaia et Marvin – Nous nous trouvons actuellement au Kazakhstan. Nous avons parcouru beaucoup de kilomètres ces derniers jours dans cet immense pays. Tout va très bien, nous pensons avoir pris nos repères et profitons pleinement de notre nouveau statut de voyageurs.


Lecture appropriée lors de la traversée de la mer Caspienne.

Comment s’est déroulé votre voyage jusqu’ici ? Avez-vous une ou deux belles anecdotes à partager avec nous ?
Jusqu’à présent tout se déroule à merveille. Depuis notre nouveau départ lié à notre panne au début du voyage nous n’avons pas eu de problème majeur. Nous sommes en forme et les motos roulent. Côté anecdotes, il nous est évidemment arrivé plein de petites choses. Nous pensons notamment à une journée mémorable en Grèce où nous comptions nous rendre dans une des dernières forêts vierges d’Europe. Arrivés dans le dernier village, la station-service où nous voulions faire le plein était fermée. Après s’être fait comprendre par les habitants, l’un d’eux nous demande de le suivre pour nous fournir de l’essence. En garant sa voiture devant chez lui, il oublie le frein à main. Le véhicule se met alors à reculer, obligeant Amaia, encore sur la Triumph, à la laisser tomber par terre pour ne pas se faire percuter. Continuant sa lancée, la voiture s’est miraculeusement arrêtée au contact de la BMW, lui évitant de subir le même sort.

Plus récemment, en Géorgie, alors que nous nous préparions à camper dans un cadre idyllique, un local est venu nous saluer et se présenter sous le nom d’Arthur. La barrière de la langue rendant difficile la communication, il a commencé à nous faire des signes étranges. Nous avons finalement compris qu’il fallait le suivre afin qu’il nous offre … un lapin. D’après notre ami géorgien, le pauvre animal fourré dans un sac, devait nous servir de repas du soir accompagné d’eau de vie de son cru. Etant incapables de faire quoi que ce soit avec cette offrande, nous avons été sauvés par un orage obligeant tout le monde à aller s’abriter. Avant cela, nous avons tout de même pu lire la déception dans le regard d’Arthur.

Est-ce qu’il y a eu des surprises ? Est-ce que votre projet a évolué, voire changé, en cours de route ?
La première grande surprise est certainement la panne que nous avons eue sur la BMW dès le deuxième jour ! Avec le recul, nous pensons que cet événement nous a été bénéfique. Il nous a permis de lâcher prise et de vivre avec les aléas du voyage plus sereinement. Nous avions cet état d’esprit en théorie avant notre départ, maintenant nous l’appliquons naturellement. Notre projet reste cependant le même dans les grandes lignes. En revanche, nous avons fortement adapté notre itinéraire en nous rendant en Asie centrale avant d’aller en Iran. Ainsi, nous pouvons profiter de l’été dans tous les pays en « -stan », et moins souffrir de la chaleur estivale en Iran par la suite.


Les rencontres d’autres motards sont nombreuses. Ici, en Turquie.

Au niveau du choix du véhicule et de la mécanique, referiez-vous tout pareil ?
C’est une question qu’on se pose régulièrement. Si c’était à refaire, nous partirions avec nos motos actuelles car l’aventure s’est construite avec elles. En revanche, il est vrai que ce sont des véhicules très lourds, ce qui est parfois problématique lorsque nous faisons des tronçons off-road, par exemple. Mais rien n’est insurmontable, c’est un coup à prendre et on s’y habitue. A contrario, nous apprécions d’avoir des cylindrées importantes pour les tronçons d’asphalte, ce qui, jusqu’à présent, représente la majeure partie des routes empruntées. Il y a donc des pour et des contre, la moto ultime n’existe malheureusement pas encore.

Et alors, c’est comment, la route, en couple ?
Un réel plaisir. Ce n’est pas la première fois que nous voyageons tous les deux, donc nous ne sommes pas surpris, mais il est vrai qu’être ensemble 24 heures sur 24 pendant plus de trois mois est une nouveauté. Nous nous rendons également compte que notre complémentarité fonctionne très bien en voyage aussi. Finalement, nous pensons que ce voyage est un réel enrichissement pour notre couple, vivre une telle aventure est une expérience fondatrice. Quoi qu’il en soit, nous ne changerions notre binôme pour rien au monde.


L’Est de la Turquie et ses impressionnants paysages volcaniques.

Quel est le programme pour ces prochains jours ?
Pour être sincère, nous sommes dans une phase de grande réflexion. Jusqu’à présent nous avons pu voyager librement, les visas étant inexistants ou de simples formalités. Après le Kazakhstan, nous entrerons au Kirghizistan puis au Tadjikistan et en Ouzbékistan. Cette région demande une logistique administrative plus importante, raison pour laquelle nous devons prévoir un minium notre itinéraire. Pour répondre simplement, nous comptons faire une boucle dans cette région, qu’on est impatients de découvrir, avant de revenir sur nos pas pour rejoindre l’Iran.


Les aléas du voyage. Ici, en Grèce.

——————
Pour suivre le périple d’Amaia et Marvin, rendez-vous sur leur blog et sur leur compte Instagram.

(Interview : Laurent Pittet, Nyon, Suisse / Crédits photo :  Bonnie and Klyde)

Share This
Back To Top