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The Speed Project, « Un Truc De Fous »

The Speed Project, « un truc de fous »

Vendredi prochain, le 29 mars 2019, aura lieu la 5e édition de l’une des courses pédestres sur route les plus folles du moment. The Speed Project, c’est 40 équipes de six coureurs qui se relaient pour parcourir, en moins de 48 heures, les 550 kilomètres qui séparent Los Angeles et Las Vegas. Une équipe française sera de la partie, les « French Fraires », six trentenaires parisiens qui n’ont, pour la plupart, jamais mis les pieds aux Etats-Unis. Nous avons rencontré deux d’entre eux, Josselin Le Gall et Charly Miele, pour prendre la température (c’est de circonstance) à quelques jours du départ.

Roaditude – Josselin Le Gall et Charly Miele, vous faites partie de The French Fraires, et vous allez participer à la 5e édition du Speed Project le 29 mars… Quel est votre état d’esprit à quelques jours du départ ?
Josselin Le Gall – Nous sommes excités, c’est vraiment le mot. Nous avons hâte d’y être et de découvrir ce qui nous attend.

Charly Miele – C’est un aboutissement. Un projet comme celui-ci, c’est énormément de préparation – neuf mois que nous y travaillons, dont six mois d’entraînement effectif. On a hâte d’en découdre, et on est aussi excité d’aller en Californie. C’est mon premier voyage aux Etats-Unis, et aucun d’entre nous ne connait vraiment la région.

Vous formez une équipe de 6 coureurs… Quel est votre background sportif ?
JLG – On est tous des sportifs de longue date, mais pas des professionnels. On s’est mis à la course à pieds parce que c’est un sport facile à pratiquer quand on habite à Paris. On court régulièrement (deux à trois fois par semaine), on va ensemble sur des courses, et cela a forgé notre amitié.

CM – On a tous fait au moins une fois un marathon, mais on n’est pas des spécialistes de la longue distance. La performance n’est pas notre objectif dans ce projet. Ce qu’on veut, c’est terminer, et vivre une expérience forte entre potes.

A voir, le clip de présentation des French Fraires.

Le Speed Project, c’est un truc de fous, disons-le. D’où vient le projet d’y participer, et quel est le sens d’une telle aventure ?
JLG – L’un d’entre nous, Théo Boesch, a suivi la course l’an et a lancé l’idée. Au début, cela nous a semblé fou – trop fou. Mais à force d’en parler, l’idée a fait son chemin. En juillet 2018, on a écrit aux organisateurs, sans trop y croire.  Et on a été sélectionné. A partir de là, le truc était lancé.

CM – Pour un coureur, le marathon, c’est une distance mythique. Une fois qu’on la faite, on cherche d’autres challenges. On veut autre chose, quelque chose de différent, de plus dur. Cette course est unique. Pas sûr qu’on la termine, pas sûr qu’on puisse la refaire une deuxième fois. On va participer à un truc de malades.

JLG – Theo a apporté l’idée, et on va vivre collectivement une expérience unique, une véritable aventure. Parallèlement, je pense qu’on a tous nos petites motivations personnelles, quelque chose à se prouver.

En 2018, ce sont des Français qui ont remporté l’épreuve… Du coup, vous avez un peu la pression, non ?
CM – Non, pas du tout, car on sait que c’est infaisable. Dans l’équipe des Sun Chasers, il y avait des sacrées pointures. Nous sommes beaucoup plus modestes, ce serait impossible de prétendre gagner et battre le record. On n’a pas le niveau pour rivaliser avec les meilleurs. Notre objectif est de prendre du plaisir et de terminer dans les 48 heures.

En 2018, la course est remportée par des Français, les Sun Chasers.

Comment est-ce qu’on se prépare pour un tel défi ?
CM – On coure (rires)…

JLG – On mange des kilomètres… Les organisateurs nous ont envoyé un plan d’entrainement, basé sur trois entrainements par semaine. Progressivement, on monte dans les kilomètres. Et là, on redescend, on baisse le régime, au fur et mesure qu’on approche de la course. Au plus haut du programme, on courait de 70 à 90 kilomètres par semaine.

CM – C’est une préparation différente de celle d’un marathon. Il faut habituer le corps aux changements de rythme. Du coup, on fait des séances fractionnées, alternant de la course et des pauses, des parties lentes et des parties rapides.

JLG – Le mieux on se prépare, le plus de chances on a que tout se passe bien. Du coup, tout le parcours est planifié, on sait qui fera quoi à quel moment, avec bien sûr l’impératif de pouvoir s’adapter aux aléas de la course, qui seront forcément nombreux. On a créé un tableur Excel assez sophistiqué, avec des fonctions que l’on peut activer pour recalculer notre plan de course si un imprévu apparaît.

Et au niveau logistique ?
CM – Quatre personnes vont nous accompagner, pour conduire le camping-car, nous assister, nous masser. Et puis il y a tout le côté administratif, le matériel à louer, le voyage à organiser, les sponsors à trouver, la communication à organiser. C’est clair que c’est du boulot, mais les tâches sont bien réparties.

Dans ce type de course, a-t-on le temps et l’énergie de profiter du cadre dans lequel on se trouve ?
JLG – On y va sans objectif réel de temps, donc même si on a une allure, on va se retrouver tout seul dans la nature… Ce serait dommage de ne pas en profiter ! Si tu n’ouvres pas les yeux quand tu es seul dans le désert… Et puis après la course, on a tous prévu de prendre un peu de vacances.

CM – Ca dépend, parfois on se coupe de tout, parfois pas… On va courir tranquille, ce sera une allure tranquille, donc on pourra profiter, j’en suis sûr. Même si ce sera un peu spécial.

La nuit,  la circulation routière, la chaleur, les rattle snakes et les coyotes dans le désert… Avez-vous des appréhensions ?
JLG – Personnellement, j’ai une peu bleu des reptiles, je panique déjà à l’idée de me retrouver seul face à un serpent… Il paraît que ça arrive.

CM – On nous a aussi conseillé de prendre une bombe au poivre pour les coyotes… Mais moi, l’appréhension que j’ai, c’est surtout de me blesser, de ne pas pouvoir finir la course et donc d’handicaper les copains.

JLG – Au niveau de la circulation, on va essayer de sortir le plus vite possible de Los Angeles… Donc on commencera par des relais de dix kilomètres, et, après, on passera à cinq kilomètres…

CM – Ce qui est compliqué au début, c’est pour les camping-cars… Il y en a 40 qui partent en même temps de Santa Monica, ce sera très chaud… Il faut savoir que la course n’est pas fermée à la circulation. On pourrait se faire arrêter par la police, pour telle ou telle raison. Ca peut être délicat… C’est une course sans règle, sans vérification, c’est le principe de la bonne foi qui a cours. Il n’y a de toute façon pas intérêt à gagner cette course sans jouer le jeu. Pas de médaille, pas d’argent. Un itinéraire est conseillé, c’est le plus court, mais on fait comme on veut. Le camping-car ne peut pas s’arrêter partout. D’ailleurs, on aura aussi un vélo pour accompagner le coureur, casser l’ennui ou faire du « bike and run » (relais rapides de distance courte, ndlr).

Que peut-on faire pour vous suivre, voire pour vous soutenir durant la course ?
JLG – Le départ est vendredi matin tôt de Santa-Monica – 4 heures du matin là-bas, donc 13h à Paris. Il sera possible de nous suivre plus ou moins en live sur notre compte Instagram, notre page Facebook ainsi que sur notre site Internet. On espère arriver la nuit du samedi au dimanche.

Mais boire du R*** ne suffit pas…

(Interview : Laurent Pittet, Nyon, Suisse / Crédits photo : The French Fraires, The Speed Project)

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