skip to Main Content
Amaia Et Marvin, Le Rêve à L’épreuve

Amaia et Marvin, le rêve à l’épreuve

Deux ans ! Deux ans qu’ils sont sur la route… Nouveau point de situation avec Amaia et Marvin, couple de motards en route pour Singapour, que nous suivons depuis leur départ de Lausanne (lire les épisodes précédents : 1, 2, 3 et 4). Ils sont maintenant du côté de l’Inde, un pays mythique qui fait rêver, mais dont la découverte effective n’est pas sans réserver certaines surprises.

Roaditude – Amaia et Marvin, avant tout : qu’est-il arrivé à Amaia, et comment va-t-elle ?
Alors que nous roulions au Népal en direction de l’Inde, une grosse tâche d’huile dans un virage a fait chuter Amaia. Après une glissade sur plusieurs mètres, elle s’est relevée immédiatement, mais avec une douleur à l’épaule. Etant perdus au milieu de la campagne népalaise, nous avons décidé de mettre les motos dans un pick-up afin de retourner à Pokhara, une ville plus importante, pour avoir un réel diagnostic. Résultat : une microfissure au niveau de l’humérus et un muscle légèrement étiré. La moto, quant à elle, a quelques égratignures, mais aucune casse majeure. Heureusement, un repos d’une vingtaine de jours a suffi à remettre Amaia d’aplomb et nous avons pu reprendre la route. Cet événement nous a rappelé l’importance de l’équipement que nous portions malgré les 45 degrés qu’il faisait à ce moment. Un mois plus tard, tout va bien, nous sommes de retour en Inde, et cet accident n’est déjà plus qu’une anecdote de plus à raconter.

Vallée du Langtang, avec des amis nous ayant rejoint au Népal.
Lever de soleil sur le Gange, à Varanasi.
Une rue à Madurai, en Inde.
Préparation du festival de Kali, à Tiruvannamalai.

Vous êtes désormais en Inde, voici deux ans que vous êtes partis. Ce n’est plus du voyage, c’est du nomadisme ! Envisagez-vous votre retour ?
Nous avons entamé notre deuxième année de voyage il y a quelques mois. Etre libres d’aller où bon nous semble ou de rester à un endroit qui nous plait est en effet maintenant notre quotidien. Les questions du retour ont toujours été présentes d’une manière ou d’une autre. Quand, où, comment ? D’autant plus que rien n’a jamais été fixé. Sans tout dévoiler, nous pensons fortement être de retour en Europe pour le printemps 2020. Des événements importants, l’envie de revoir nos proches et de retrouver certaines facettes de l’Europe motivent ce choix. C’est ce que nous avons en tête actuellement, mais comme souvent, il suffirait d’un rien pour que notre esprit vagabonde vers d’autres envies.

L’Inde, c’est une contrée qui fait rêver. Pouvez-vous nous parler un peu de ce pays ?
Au premier abord, elle nous a en effet fait rêver. Après notre séjour particulier et quelque peu triste au Pakistan (la gentillesse et l’humilité des gens contrastant avec le système en place), nous étions en manque de liberté. Dans un premier temps, l’Inde a comblé ce manque. Cependant, plus nous avancions dans notre séjour plus le rêve s’est transformé en cauchemar. Le fatalisme de la société indienne associé au trafic insensé ont joué avec nos nerfs. Après quatre mois, nous étions dans le besoin urgent de quitter le pays, et de retrouver de la sérénité au Népal. Depuis, nous sommes de retour dans le nord de l’Inde. Si tout n’est pas idyllique, cette région est beaucoup plus agréable. Nous parvenons alors à faire la part des choses et à passer du bon temps, notamment grâce à d’incroyables paysages de montagnes, et à certaines rencontres exceptionnelles que nous faisons.

Route du nord de l’Inde.
Inspection « en route » de Bonnie.
Camping dans la région du Mustang au Népal.
Premier jour de trek en direction du Tsergo Ri (4’984 m) au Népal.
Pokhara, Népal.

Niveau mécanique, où en êtes-vous ? Avez-vous cédé à votre coup de cœur pour Royal Enfield ?
Les services de nos motos ont été effectués à Katmandou, au Népal. Klyde, la BMW, se porte à merveille et, après être entrée dans sa 35ème année, n’a jamais été aussi en forme. En revanche, Bonnie, la Triumph, montre quelques signes de faiblesse. Après 76’000 kilomètres sans poser le moindre souci, il fallait que ça arrive. Nous allons donc passer un peu de temps à nous occuper d’elle (elle le mérite amplement) avant de poursuivre notre bonhomme de chemin.

En ce qui concerne la Royal Enfield, nous avons effectivement craqué. Et plutôt deux fois qu’une, car nous allons réaliser un side-car que nous ferons envoyer en Europe. Le projet est désormais lancé et nous comptons nous rendre à Delhi au mois d’août pour suivre la rénovation du véhicule et la documenter. Nous sommes de plus en plus excités à l’idée de ramener ce beau souvenir de voyage et, surtout, de rouler avec.

Deux ans de route, ce n’est pas rien. Entre ce que vous imaginiez, et ce que vous avez vécu, quel est l’écart ?
Avec le recul, nous pensons que l’importante panne que nous avons eue dès le deuxième jour de voyage nous a appris beaucoup de choses. Nous, qui voulions lâcher prise et gérer les crises le plus sereinement possible, avons dû mettre la théorie en pratique dès les premiers jours. Ce qui a fortement réduit cet écart entre l’idée que nous avions et la réalité.

Nous constatons également que nous sommes de moins en moins attirés par les hauts lieux touristiques des pays que nous traversons. Si nous pensions vouloir visiter le maximum de choses et l’avons fait au début de notre voyage, nous voyons les choses différemment maintenant. Nous avons beaucoup plus la sensation de « vivre » dans chaque pays que de les visiter. Ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Qu’allez-vous faire ces prochaines semaines ?
Nous sommes actuellement dans l’état de l’Uttarakhand afin de réparer les petits soucis de Bonnie. Logés chez une famille indienne possédant un garage moto, nous sommes dans les meilleures conditions pour refaire une beauté à la Triumph avant de reprendre la route en direction de l’Himachal Pradesh et du Jammu Cachemire. Les semaines qui viennent, nous comptons visiter ces états dont font partie la région du Ladakh et la vallée de Spiti. Nous nous réjouissons de découvrir ces paysages qu’on nous vante depuis si longtemps.

——————
Pour suivre le périple d’Amaia et Marvin, rendez-vous sur leur blog et sur leur compte Instagram.

(Interview : Laurent Pittet, Nyon, Suisse / Crédits photo : Bonnie and Klyde)

Share This
Back To Top